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Assurance liée au transport des marchandises (assurance facultés)
Les
marchandises acheminées de part et d’autres des frontières dans le cadre des
échanges internationaux sont soumises à de nombreux risques particuliers
(pertes, vols, casses, mouille …) A ces derniers s’ajoutent bien sûr les
risques liés aux diverses opérations auxiliaires – manutentions – chargements –
déchargements – entreposages intermédiaires.
L'assurance des
marchandises, ou assurance facultés, concerne les marchandises transportées par
voie maritime, terrestre, aérienne et fluviale.
Ces
marchandises transportées peuvent être de différentes natures :
- matières premières
(minerais et charbon, hydrocarbures, bois, produits chimiques pulvérulents
ou liquides, gaz liquéfié…) ;
- denrées agro-alimentaires
(céréales, viandes, fruits, riz, sucre…) ;
- produits manufacturés et
matériels d'équipement ;
- fournitures d'ensembles
industriels.
Même si
l’assurance du transporteur permet de couvrir certains des risques, les conventions
internationales prévoient des limitations des responsabilités de ce dernier.
Pour se mettre à l’abri de pertes non remboursables, des risques
d’insolvabilité du transporteur et des délais souvent très longs de règlement,
l’assurance des marchandises doit toujours être envisagée lors de la
négociation du contrat commercial.
La nature de
l’incoterm choisit détermine en général laquelle des deux parties (importateur
ou exportateur) a la responsabilité d’assurer la marchandise au cours du
transport principal. Particulièrement au Cameroun, le décret n°75/14 du
08/12/1975 stipule que l’importateur a l’obligation de souscrire une police
d’assurance auprès d’un organisme d’assurance local agrée.
q Les éléments essentiels aux conditions d’assurance
Les divers
risques encourus étant différents d’un mode de transport à un autre, les
assureurs ont établi des conditions d’assurances adaptées à chacun d’eux. Les
éléments essentiels sur lesquels il faut se pencher sont :
- La nature des marchandises (des facultés) assurées. Elle
influence le montant de la prime d’assurance ;
- Le mode d’emballage de ces marchandises. Permet
d’éliminer certains types de risques au moment de la souscription du
contrat
- L'itinéraire et de la zone géographique desservie
- Le nombre et pois des colis ou quantités à expédier
- Le mode de transport. Car les risques sont propres à
chaque mode. Cette précision a donc toute son importance. Il existe
distinctement une police d’assurance pour les marchandises transportées
par voie maritime, une police d’assurance pour les marchandises
transportées par voie aérienne, et une police d’assurance pour les
marchandises transportées par voies terrestres.
- Le type de contrat ou police d’assurance. On
distingue la « police au voyage »,
pour laquelle le montant de la prime est fixé et payé lors de la
conclusion du contrat d’assurance, et le « police à alimenter » ou « police d’abonnement », par laquelle l’assuré fait assurer
ses expéditions au fur et à mesure de ses besoins au moyen d’un carnet
d’aliment. Le payement de la prime se fait alors au bout d’une période
fixe et pour le nombre d’aliments déclarés.
- La garantie et son étendue.
On distingue la garantie
franco d’avaries particulières « FAP sauf » elle couvre les
dommages survenus aux marchandises lors des opérations de chargement,
déchargement, transbordement et les dommages qui frappent à la fois la
cargaison et le vecteur de transport ; la garantie « tout
risques » elle est la plus étendue. Elle intègre la garantie
« FAP Sauf » et une multitude de risques (mouillure,
détérioration, vols, perte …). Un imprimé des dispositions spéciales
permet d’inclure ou d’exclure certains types de risques.
- La durée de la garantie. Elle est déterminée au moment de
la conclusion du contrat d’assurance (de magasin lieu… à magasin
lieu… ; de bord à bord y compris les opérations de chargement et
déchargement, etc.)
q Les risques liés au transport des marchandises
Quelles
que soient leur nature, leur emballage, leur destination, les marchandises au
cours du transport sont exposées à des risques multiples.
D'après
leur cause, les risques sont classés :
- en risques
ordinaires* transports ;
- en risques
exceptionnels (guerre, guerre civile, émeute, grève, sabotage,
terrorisme.) très fréquents à notre époque, souvent troublée, dans toutes
les parties du monde, par des conflits politiques ou sociaux.
1- Avaries particulières
Ce
sont les dommages et pertes matériels, ainsi que les pertes de poids ou de
quantités subis par la marchandise assurée en cours de transport.
Selon
le mode de transport, les avaries peuvent survenir :
- Au cours du
transport proprement dit et résulter :
- soit d'événement dits majeurs, frappant à la fois le moyen
de transport et son chargement (naufrage, incendie, déraillement de train,
accident de camion ou d'avion, etc.) ;
- soit d'accidents affectant uniquement la marchandise (mouillure
par eau de mer ou par pluie, casse ou perte de quantité due au désarrimage,
souillure, imprégnation, odeur par contact ou voisinage avec d'autres
marchandises, détérioration résultant de l'humidité des cales, vol, etc.
- Au cours des manutentions (chargement à bord, manipulation en
cale, déchargement, transbordement, etc.), principalement à l'occasion du
passage de la marchandise d'un véhicule de transport à un autre (rupture de
charge) et des séjours à quai ou en entrepôt (casse ou coulage, mouillure par
eau de pluie, vol, incendie, etc.)
2- Avaries-frais et dépenses
diverses
En
plus des dommages matériels, les avaries peuvent entraîner divers frais
(avaries-frais) exposés en vue de préserver les objets assurés d'un dommage ou
d'une perte matérielle, ou d'en limiter l'importance, ou encore de permettre
aux marchandises de terminer leur voyage interrompu ou terminé ailleurs qu'au
point prévu de destination. Par exemple, les dommages subis par une machine
peuvent avoir pour conséquence d'obliger l'exportateur à faire revenir cette
machine à son usine, à la réparer ou reconditionner et à la renvoyer à son
acheteur, d'où les frais de retour, de remise en état et de réexpédition
souvent élevés.
3- Avaries communes
Elles
constituent un risque spécial aux transports maritimes et, dans certaines
conditions, aux transports fluviaux. Ce risque est susceptible d'entraîner des
pertes et des frais élevés.
L'avarie
commune résulte d'une pratique fort ancienne. Elle est régie par les Règles
d'York et d'Anvers dont la dernière révision date de juin 2004.
Sommairement,
lorsque pour échapper à un danger menaçant à la fois le navire et la cargaison,
le capitaine est conduit, dans l'intérêt commun, à décider un sacrifice
raisonnablement consenti ou à engager une dépense extraordinaire, et que ce
sacrifice ou cette dépense a un résultat utile, la perte ou le dommage ainsi
provoqué constitue une avarie commune. Le propriétaire du navire et le
propriétaire de la cargaison sont dans l'obligation d'en supporter une part équitable,
même s'ils ne sont pas assurés.
q La gestion des sinistres et dommages
En cas de
sinistres l’assuré est tenu de :
- Prendre toute mesure
conservatoire ou de sauvetage que nécessite la situation pour protéger les
biens assurés ou limiter les dommages dont ils sont atteints ;
- Requérir l’intervention du
commissaire d’avarie désigné au certificat d’assurance et dans le délai
mentionné ;
- Conserver les droits de
recours contre le transporteur ou tout autre intermédiaire présumé
responsable.
Les pièces à
fournir en cas de sinistre sont énumérées dans le contrat d’assurance remis à
l’assuré. Elles varient évidemment en fonction du type de contrat.
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